30 janvier 2026
“Je suis américain (...) mais plus je tournais, plus je me rendais compte à quel point j’ai été marqué par le cinéma italien (...). Si je n’avais pas vu les films dont je vais vous parler, je ne serais pas la même personne, et bien sûr par le même réalisateur”. Scorsese est aux yeux de Tarantino un des plus grands réalisateurs vivants. Dans son livre, il consacre vingt-cinq pages à Taxi Driver, film dans lequel il relève et dissèque toutes les traces de La Prisonnière du désert de John Ford ! Conteur aussi excité que Tarantino quand il est question de cinéma, Scorsese nous invite à un voyage dans le cinéma italien. Au travers d'extraits de films et d'interviews, il épluche le travail de Roberto Rossellini, Federico Fellini, Vittorio de Sica, Luchino Visconti et Michelangelo Antonioni. Indispensable.
Si le grand public le connaît sous les traits du psy dans la série Les Sopranos, Peter Bogdanovich fut notamment le premier réalisateur retenu pour Guet-Apens… jusqu’à ce que Steve McQueen en décide autrement. Mais Peter Bogdanovich occupe surtout une place importante dans Le Nouvel Hollywood. Jean-Baptiste Thoret, grand spécialiste du cinéma américain et de cette période en particulier, lui consacre un livre en deux parties. D’abord une analyse de son œuvre, puis une longue conversation de plusieurs dizaines d'heures, menée avec Bogdanovich de 2009 à aujourd'hui : ses débuts, l'aventure critique, ses rencontres avec Ford, Welles ou encore Hawks, son baptême du feu avec Roger Corman, La Dernière séance, le statut de jeune prodige du cinéma américain, ses déboires avec Hollywood, ses drames personnels… Toute une vie en quelque sorte.
« Tout ce que le spectateur voit dans un film est le résultat d'un travail avec le chef décorateur. » - F.F. Coppola. Dean Tavoularis possède une filmographie à faire pâlir la concurrence, son nom étant associé à nombre de chefs d'œuvres du cinéma américain des années 1960 et 1970 ; Apocalypse Now, Le Parrain, Bonnie and Clyde, Zabriskie Point, Conversation secrète… Ses collaborations avec Francis Ford Coppola, Michelangelo Antonioni, Arthur Penn, Warren Beatty, William Friedkin et Roman Polanski comptent parmi les plus riches et inventives du cinéma moderne. Conversations est la première monographie consacrée à l'un des plus grands chefs décorateurs de l'histoire du cinéma.
En 1955 François Truffaut rencontre Alfred Hitchcock pour les Cahiers du Cinéma. En 1962, alors que Jules et Jim vient de sortir et qu’il prépare La Peau Douce (1964), de son aveu même le plus hitchcockien de ses films, aux États-Unis Hitchcock, avec Frenzy (1962), est au faîte de sa créativité et de son succès. Naît alors l'idée du " hitchbook " : un livre qui révèlerait la vraie nature d'Hitchcock, et aussi les secrets perdus que détiennent les grands cinéastes qui ont commencé à l'époque du muet. Le " hitchbook " paraît en 1967. Après la disparition de Hitchcock, le 2 mai 1980, François Truffaut complète la première édition par un chapitre sur ses derniers films et une courte préface en guise de long adieu : Pour paraphraser Jean Cocteau parlant de Proust : " son œuvre continuait à vivre comme les montres au poignet des soldats morts ".
Comme Tarantino ou Truffaut, Nicolas Saada est de ces réalisateurs qui ont vu revu et disséqué plus de films que la moyenne haute des passionnés de cinéma. En plus d’avoir réalisé Les Parallèles (2004), Espions (2009), Thanksgiving (2019), il a animé une émission sur la musique de film sur Radio Nova et travaillé avec Pierre Chevalier à Arte entre 1992 et 1998. Dans les années 90, il a aussi collaboré aux Cahiers du Cinéma. Dans ces mêmes années 90, il s'est entretenu avec des cinéastes, techniciens, producteur, chef-opérateur, monteur, scénaristes, musiciens et acteurs. Ces entretiens avec Dario Argento, John Carpenter, Angelo Badalamenti, Claude Chabrol, Ethan Et Joel Coen, Francis Ford Coppola, Jim Jarmusch, David Lynch, Lalo Schifrin… il les a réunis dans Questions de cinéma. A dévorer entre deux séances. Il y a quelques temps, Nicolas fut notre invité https://bit.ly/3KSd5bd
Ces mésaventures tragi-comiques de deux jeunes malfrats, Frantz et Arthur, qui avec l'aide d'Odile, jeune fille naïve, tentent un coup minable… sont une des références revendiquées de Quentin Tarantino qui, plusieurs fois, a glissé dans ses films un clin d’œil à Jean-Luc Godard… jusqu’à appeler sa société de production A Band Apart. CQFD.
Non content d'être l'un des réalisateurs les plus talentueux et adulés de sa génération, Quentin Tarantino est peut-être le cinéphile qui sait le mieux parler de films et transmettre sa passion pour le cinéma. C'est au Hollywood des années soixante-dix qu'il consacre plus particulièrement Cinéma spéculations - un director's cut aussi intellectuellement rigoureux que joyeusement exubérant. Mêlant histoire personnelle, anecdotes truculentes, analyses et critiques de films, Cinéma spéculations fonctionne comme une séance de ciné-club.
Quarante-huit heures de la vie d'un flic dont l'efficacité permet de dénouer les fils d'une affaire quelque peu tordue, et ce malgré l'intimidation d'un politicien et la menace de gangsters peu portés sur les débats philosophiques. “Bullitt c’est l’action, l’atmosphère, San Francisco, les formidables plans de Yates, la bande-son jazzy de Lalo Schifrin et Steve McQueen, sa coupe de cheveux et sa garde-robe. Rien d’autre n’a d’importance.” Q.T. in Cinéma spéculations
L'échappée, c’est le roman de Jim Thompson qui a donné Guet-Apens au cinéma. Un film que Tarantino a vu cinq fois avant ses quinze ans “(...) sans parler des visionnages à la maison d’innombrables fois (je possède ma propre copie 35mm IB Technicolor)”. Mais : ”(...) j’ai toujours eu quelques réserves au sujet du film. (...) la grande différence entre l’histoire que raconte Thompson et celle que raconte Peckinpah est le ton. Le film de Peckinpah est dur. Mais le roman de Thompson est nettement plus vicieux. (...) et en plus de ce côté vicieux, il y a une épaisse couche de pessimisme et de cynisme, et encore par-dessus cela, un léger nappage de surréalisme.” Q.T. in Cinéma spéculations
Floyd Ray Wilson est un des personnages les plus importants dans la cinéphilie de Quentin Tarantino, celui auquel il rend hommage à la fin de son livre. Ray Wilson n’est pas un professionnel du cinéma, c’était un ami de sa mère féru de cinéma et de musique, un personnage proche de celui joué par Samuel Jackson dans Jackie Brown et avec lequel Tarantino a passé des heures à discuter cinéma et musique. “Quand je me suis avancé sur scène pour accepter ce petit bonhomme en or (l’Oscar pour Django Unchained), avec Dustin Hoffman et Charlize Theron qui se tenaient derrière moi, Floyd était mort depuis belle lurette. Je ne sais pas comment il est mort ni où il est enterré. Mais ce que je sais c’est que j’aurais dû le remercier.” Q.T. in Cinéma spéculations
“Si vous étiez fan de La Taverne de l'enfer, le plus important n’était pas d’apprécier le film, c’était de le défendre contre tous ses détracteurs. Et s’agissant de le défendre, j’ose affirmer que j’ai été autrement plus efficace que Stallone. Mon plus grand argument était : “ La Taverne de l'enfer est un des meilleurs premiers films des années soixante-dix ! Et le meilleur film pour un acteur-réalisateur (avec Orson Welles) de tous les temps !” Les autres pouvaient aller se rhabiller : John Cassavetes, Charles Laughton, Charles Chaplin qu’ils aillent tous se faire foutre, le meilleur c’est La Taverne de l'enfer !” Q.T. in Cinéma spéculations
“L'Evadé d'Alcatraz, un film qui ne m’a pas plus à sa sortie - je pense qu’il était trop austère pour le gars de dix-sept ans que j’étais - a été une révélation quand je l’ai revu il y a quelques années. Cinématographiquement parlant, c’est le film le plus explosif de Don Siegel. (...) La collaboration entre la grande vedette et le grand réalisateur compte parmi les plus importantes de tous les temps. Avec Siegel, Eastwood a échappé au succès feu de paille du système des studios de Hollywood (...). Avec Eastwood, Siegel s’est évadé de l’anonymat pour se hisser, relativement tard dans sa vie, tout en haut de la liste des cinéastes majeurs d’Hollywood.” Q.T. in Cinéma spéculations