Quand j’ai appris que le roman de Michael Cunningham allait être adapté au cinéma, j’ai pensé que c’était infaisable. Et je dois constater que le film est peut-être encore meilleur que le livre. Les portraits de ces trois femmes qui vivent à trois époques différentes et qui sont reliées par le roman de Virginia Woolf Mrs Dalloway sont saisissants. Notamment parce qu’elles sont supposées avoir une certaine assurance et qu’on les voit vaciller. Il y a Virginia qui avance peu à peu vers la folie, qui se dirige vers la mort, la tentation de la disparition, Clarissa, l’éditrice mondaine qui voit le seul homme qu’elle a aimé mais qui ne l’a pas aimée en retour mourir sous ses yeux, et puis Laura Brown, cette femme des années cinquante qui, pour ne pas se tuer, décide de partir en abandonnant son enfant, seul moyen d’échapper à cette vie corsetée qui l’étouffe. Le personnage de Leonard, le mari de Virginia, est aussi très touchant, il essaie de sauver sa femme tout en sachant qu’il n’y arrivera pas. Ce film me bouleverse. Et Meryl Streep, Julianne Moore, Nicole Kidman sont dans un état de grâce absolu.