Dans l’héritage situationniste, il y a un corpus théorique et une rhétorique révolutionnaire parfois franchement indigestes. Heureusement, il y a aussi toute une série de procédés ludiques, véritables méthodes pratiques destinées à révéler l’aliénation de la société moderne et à fournir le moyen d’y échapper. Ainsi de la « dérive » théorisée et pratiquée par Guy Debord et ses amis à partir de 1953, qui consiste à se déplacer en ville en se livrant au hasard, à l’errance. Se réapproprier les rues : une idée simple, mais féconde, qui a inspiré nombre d’artistes et d’activistes bien au-delà de la nébuleuse situationniste.