30 janvier 2026
« Mon influence a toujours été Astro le petit robot, le manga de Tezuka » Go Nagai
Godzilla n’est pas un robot mais un monstre – sorte de lézard préhistorique géant - capable d’anéantir des villes entières, et que seule une poignée de héros prêts à tous les sacrifices peut stopper dans sa folie destructrice. Immense succès au Japon à sa sortie, Godzilla fera l’objet d’une trentaine de suites et remakes. L’écologie et la peur du nucléaire, dans un Japon d'après-guerre traumatisé par les bombardements atomiques, sont souvent au cœur des différents opus de la saga. « Godzilla et King Kong faisaient partie de mes films préférés depuis l'enfance, leur taille a été une grande influence dans mon envie de créer des robots géants. » Go Nagai
Sans avoir été une influence directe pour Go Nagai, le père de Goldorak, LeRoi et l’Oiseau aborde le même thème, celui du progrès technique qui, s’il n’est pas pensé comme une source d’amélioration, précipite le monde des humains à sa perte. La vision poétique que livrèrent Grimault et Prévert de ce thème aura un retentissement immense. « Ce qui est certain, c'est que l'influence de ce film fut pour moi décisive. Je peux affirmer que, sans sa découverte, je n'aurais jamais emprunté la voie du film d'animation. C'est dire l'intensité du choc que je reçus alors. » Isao Takahata, co-fondateur du Studio Ghibli avec Hayao Miyazaki (Princesse Mononoké, Le Voyage de Chihiro…) qui découvrit la première version du film en 1953.
Biochimiste de formation, né en Russie, Asimov a conceptualisé les lois régissant la vie des robots au milieu des être humains, allant jusqu’à créer trois règles de base : 1/ Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger. 2/ Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de ces ordres sont en contradiction avec la Première Loi. 3/ Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n'entre pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi.
Dans la série télévisée Westworld, la musique est en grande partie jouée par des robots, qu'ils soient représentés sous une forme d’humanoïdes ou de piano mécanique. La Rêverie de Claude Debussy flotte de façon permanente au-dessus de ce faux Far West... dans lequel ce sont les robots qui se glissent dans la peau des humains pour satisfaire tous leurs fantasmes.
Aucun musicien n’a poussé le concept de la machine musicienne aussi loin que Kraftwerk, le groupe créé par Florian Schneider-Esleben et Ralf Hütter à Düsseldorf à la fin des années… soixante, en pleine période du Flower Power, des fleurs dans les cheveux et de la vie en communauté. Non contents d’avoir posé les fondements des musiques électroniques, les membres de Kraftwerk iront jusqu’à s’effacer sur scène derrière leurs répliques robotiques. Philip K. Dick en a rêvé, Kraftwerk l’a fait.
Le Japon, en raison du vieillissement de sa population, a investi massivement dans la recherche en robotique, notamment dans la robotique de services dont il est l'un des leaders mondiaux depuis plusieurs décennies. La population française vieillissant aussi, il est temps de passer aux travaux pratiques. A défaut de sauver le monde, votre robot vous servira peut-être à arroser les plantes…
Après des décennies à imaginer le pire pour les hommes de la part des robots, Andrew Stanton inverse la proposition et imagine un robot gentil qui s’ennuie, seul sur une planète dont les hommes ont été rayés de la surface. Alors il range. Et un beau jour, l’amour surgit et on crie au génie !
Sur France Télévision : Goldorak en replay
En 1978, trois ans après sa naissance au Japon, débarque dans l’émission pour enfants Récré A2, un robot de trente mètres de haut avec de grandes cornes jaunes et un pantalon pattes d’eph’ en métal imaginé par Go Nagai. Avec cet attirail, Goldorak, c’est son nom, va littéralement hypnotiser les jeunes téléspectateurs, devenir un phénomène générationnel et le cheval de Troie de la culture manga et de la Jap’Anime en France. Pour célébrer cet immense personnage,(re)découvrez la série sur France Télévision.
« Mes trois réalisateurs préférés sont George Lucas, Ridley Scott et Stanley Kubrick». A des époques différentes, les réalisateurs préférés de Go Nagai ont en commun d’avoir fait des robots les figures centrales de leurs films. Kubrick avec Al dans 2001 l’Odyssée de l’espace (1968), Ridley Scott avec les réplicants dans Blade Runner (1982), et difficile d’imaginer une seule scène de la série des Star Wars sans un droïde, les plus célèbres restant C-3PO et R2-D2.
Si Go Nagai a les yeux remplis d’admiration pour George Lucas, Guillermo del Toro voue, lui, un véritable culte au père de Goldorak. Pas étonnant donc que Pacific Rim reprenne le thème du robot piloté par des humains pour affronter les kaiju, ces créatures sorties d'une brèche géologique sous-marine… Modernité oblige, chez Guillermo del Toro les robots géants – les Jaeger - sont pilotés non pas par un seul pilote mais deux, reliés entre eux par leurs neurones !
Empruntant à Goldorak un canevas narratif assez sommaire (de jeunes héros se glissent dans la carcasse de robots géants pour défendre le monde contre des monstres peu sympathiques venus d’ailleurs), la série animée Neon Genesis Evangelion est devenue une borne culturelle de l'animation japonaise, et pas seulement au Japon, puisqu’en 2014, le magazine Les Inrockuptibles qualifie Evangelion de « monument intouchable resté inaltéré » et de « chef-d’œuvre de modernité toujours inégalé ». On s’incline.