Memorial
J’ai découvert Fats Waller grâce à un vieux voisin, Jean, qui était un collectionneur fou de disques de jazz. Il avait vécu l’explosion de cette musique en France, dans les années cinquante, quand, après la guerre, les musiciens venaient jouer à Paris. Jean était un grand copain de Sidney Bechet. C’est lui qui, un soir, m’a offert
Memorial de Fats Waller, un coffret de huit albums. Quand je les ai écoutés, je suis tombé à la renverse. J’ai adoré ce jazz très simple, accessible, joyeux, mais mélancolique aussi parfois. On voit toujours Fats Waller comme le petit gros à chapeau melon qui roule des yeux dans des films de cabaret. Une image réductrice dont il souffrait. Un peu comme Henri Salvador dont on ne garde souvent en mémoire que les pitreries alors que c’était un jazzman extraordinaire. Fats Waller est mort tristement, de froid, seul dans un train, épuisé par la vie des tournées et les excès qui vont avec. Quand j’écoute sa musique pleine de vie, je repense à mon voisin et cela me réjouit.
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