Cette histoire m’interpelle et m’intéresse. Elle m’intéresse notamment parce que mes grands- parents ont été chassés de cet Orient au moment du génocide arménien. J’ai essayé, dans la musique, de retrouver ce qu’il y avait de plus beau dans cette culture. J’ai même été jusqu’à jouer avec des musiciens turcs à Istanbul pour essayer de réparer quelque chose. Le problème plus global c’est qu’on est dans un monde de fous plus que jamais fermé à cette beauté. C’est le fameux Orient compliqué du général de Gaulle (« Vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples »). Quand, comme moi, on met le nez dans cette musique, on s’aperçoit qu’il y a des trésors, que François 1er et Soliman le Magnifique ont échangé des musiciens, ou que Mozart et Beethoven ont découvert les percussions de l’orchestre des janissaires qui étaient aux portes de Vienne. Et puis, il y a l’orientalisme du XIXe siècle où l’Orient va être synonyme de liberté des sens, d’une forme de spiritualité, d’une sensualité, d’un érotisme aussi, de raffinements incroyables.
Exposition jusqu’au 14 janvier 2018