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So long Leonard

la playlist

Quelques semaines après la parution de son dernier album et l’attribution du Nobel de littérature à son ami Bob Dylan, Leonard Cohen tire sa révérence à 82 ans. Son œuvre poétique et musicale a inspiré des générations de chanteurs, cinéastes, écrivains et restera comme l’une des plus importantes du XXe siècle. Petite ballade improvisée et pleine d’admiration.

Skeleton Tree

Nick Cave
2016 -
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Carrie & Lowell

Sufjan Stevens
2015 -
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Figure 8

Elliott Smith
2000 -
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Leonard Cohen : I'm your man

Leonard Cohen, Lian Lunson
2006 -
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Death of a ladies' man

Cohen-Leonard
1977 -
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I'm Your Fan : The Songs of Leonard Cohen by...

R.E.M., Nick Cave, John Cale
1991 -
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Le livre du désir

Leonard
2006 - Points Seuil
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I'm Not There

Todd Haynes
2007 - Diaphana
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Fugitives

Alice Munro
2004 - Points
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You Want It Darker

Leonard Cohen
2016 - Columbia
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The Man Comes Around

Johnny Cash
2002 -
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Skeleton Tree

Nick Cave - 2016 -

Profondément marqué par le rock et le blues crépusculaire américain, de Robert Johnson à Johnny Cash, tout imprégné de cette culture évangélique entre dévotion et folie marquée à jamais par la figure de Robert Mitchum dans La Nuit du Chasseur, Nick Cave, frappé par la disparition accidentelle de son fils, a livré avec Skeleton Tree, un album d’une beauté noire et lumineuse à la fois. Beau  comme une toile de Pierre Soulage.

Carrie & Lowell

Sufjan Stevens - 2015 -

Devenues confidentielles dans les années 80, la musique folk et la tradition du singer-songwriter connaissent depuis une quinzaine d'années un revival passionnant incarné par de jeunes musiciens dépourvus de toute tentation puriste, qui ne retiennent que l'incroyable liberté qu’offre cette musique. Parmi d'autres, Sufjan Stevens, cet Américain né en 1975 à Detroit (Michigan) et dont une certaine folie imprègne les enregistrements, des chansons à la grâce aérienne qui révèlent aussi une sensibilité à fleur de peau.

Figure 8

Elliott Smith - 2000 -

Mort à 35 ans en 2003, cet Américain fut la caricature du folkeux dépressif des années 90 comme Leonard Cohen l'avait été vingt ans plus tôt. Comme dans le cas de son aîné, sa palette musicale et thématique était pourtant bien plus étendue. De même que Cohen chante plus souvent les femmes de passage que la politique ou la société, Elliott Smith était surtout un expert ès love songs mélodiques, sous une influence Beatles que cet ultime album, délaissant l'acoustique pour une orchestration pop rock aux harmonies vocales angéliques, révéla enfin.

Leonard Cohen : I'm your man

Leonard Cohen, Lian Lunson - 2006 -

Bâti autour d'un concert-hommage donné en 2005 à l'opéra de Sydney par Nick Cave, Rufus Wainwright, Jarvis Cocker (Pulp), Laurie Anderson et autres fans, ce documentaire est surtout une passionnante biographie de Leonard Cohen : son enfance à Montréal, sa carrière de poète précoce, son exil en Grèce en 1960, de nombreux aspects méconnus de sa vie sont évoqués grâce à des archives et interviews.

Death of a ladies' man

Cohen-Leonard - 1977 -

Curieux attelage que celui formé sur cet album par Cohen et Phil Spector, l'incontrôlable producteur resté célèbre pour son «mur de son», les arrangements luxuriants qu'il a imaginés pour les singles des Ronettes («Be My Baby») ou de Ike & Tina Turner («River Deep, Mountain High»). Le génie chasse le chanteur du studio après avoir capté ses premières prises de voix, puis se charge d'imprimer sa marque sur les morceaux. Cohen commencera par désavouer le résultat, mais par la suite, il révisera son jugement en jouant sur scène les versions «spectoriennes» de certains morceaux, notamment le magnifique «Memories».

I'm Your Fan : The Songs of Leonard Cohen by...

R.E.M., Nick Cave, John Cale - 1991 -

R.E.M., Ian McCulloch (Echo & the Bunnymen), Pixies, Nick Cave... En 1991, la crème du rock d'alors se réunit pour cet album-hommage à l'initiative des Inrockuptibles, qui décrocheront aussi des contributions de Jean-Louis Murat («Avalanche») et de l'ex-Velvet Underground, John Cale, qui vient alors de reformer le groupe avec Lou Reed. Ce tribute d'excellente tenue (John Cale livrant une époustouflante version de «Hallelujah» qui inspirera celle de Jeff Buckley) a largement contribué à la réputation de Cohen, bien au-delà du cercle de ses fans initiaux.

Le livre du désir

Leonard - 2006 - Points Seuil

A la sortie de son premier album, Songs of Leonard Cohen (1967), le chanteur canadien a déjà 33 ans et une belle carrière littéraire à son actif, ayant publié plusieurs recueils de poèmes depuis 1956 ainsi que deux romans, dont l'expérimental Beautiful Losers (Les perdants magnifiques, chez 10/18 en France, facilement trouvable d'occasion). Mis entre parenthèses par son succès discographique, cet autre talent n'a jamais été abandonné, comme le montre ce recueil de dessins et de poèmes inspirés de William Yeats, auquel il a travaillé près de 10 ans.

I'm Not There

Todd Haynes - 2007 - Diaphana

Dans ce film, six acteurs différents (Marcus Carl Franklin, Ben Whishaw, Heath Ledger, Christian Bale, Richard Gere et Cate Blanchett) incarnent des personnages imaginaires fortement inspirés par Bob Dylan à différentes périodes de sa vie. Ainsi, c’est Cate Blanchett qui joue le rôle de Jude Quinn, un personnage qui ressemble au Dylan des années 1965/1966, au moment où il abandonne le folk de ses débuts pour un rock électrique décapant. Résultat : un film d’une liberté rarement vue pour une biographie et une bande son exceptionnelle composée de reprises interprétées par Sonic Youth, Cat Power ou Calexico… tous transportés par la puissance des versions originales.

Fugitives

Alice Munro - 2004 - Points

A croire le réalisateur canadien David Cronenberg, ses compatriotes sont si raisonnables qu'ils écoutent toutes les opinions, au risque de la paralysie : «C’est très canadien, cet équilibre. C’est une qualité, mais ça devient vite maladif.» A sa manière, c’est ce que raconte Alice Munro (Prix Nobel littérature 2013) dans ses recueils de nouvelles «(…) à cette époque, (les années 40) il ne fallait pas attirer l’attention sur soi. Ça avait peut-être un rapport avec le fait d’être canadien, ou d’être une femme. Peut-être les deux.». Pedro Almodovar s’est inspiré de trois nouvelles de Fugitives pour son film Julieta.

You Want It Darker

Leonard Cohen - 2016 - Columbia

Comme David Bowie, on peut penser que Leonard Cohen savait que son album sorti il y a quelques semaines était le dernier et qu’il l’a préparé comme on écrit une dernière lettre à ceux que l’on aime. Tout évoque ici ce moment où on cherche à se dépouiller de tout artifice pour parler directement aux âmes. Les quelques secondes de chant chorale qui ouvre You Want It Darker, le premier morceau dans lequel Leonard Cohen chante « I’m ready my Lord », sonne le la de cet album qui restera peut-être le plus beau de sa discographie.

The Man Comes Around

Johnny Cash - 2002 -

Revenu de tous les excès qui jalonnèrent une bonne partie de sa carrière, Johnny Cash connut une fin de carrière sous le haut patronage de Rick Rubin -  producteur de rap (Run-DMC) et de rock « bruyant » (Slayer, Red Hot Chili Peppers), qui invita l’homme en noir de la country, véritable figure tutélaire de la culture américaine, à se dépouiller de tout artifice pour enregistrer, seul à la guitare, des reprises d’artistes contemporains comme U2, Nine Inch Nails, Nick Cave ou Leonard Cohen. Quatre albums (plus deux autres parus après sa mort en 2003) à emporter sur une île déserte.

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