Dans le roman noir, le criminel « s’humanise » parfois, et la figure mythique du détective demeure celle d’un héros broyé par le monde et marqué par la fatalité. Même s’il est « preux » et moral, il ne croit plus vraiment en la justice des tribunaux. Il est borderline, il sait que tout se règle dans les arrière-cours et les ruelles sombres, et il agit dans les marges. Parfois, la violence de l’enquêteur devient plus terrifiante que le mal qu’il combat… Comme chez le personnage de Ken Bruen, le Sergent Brant, qui affirme : « Moi, je suis né avec la rage, et depuis ça n’a fait qu’empirer. »