Prosaïque, l’écrivain Walter Benjamin estimait que le roman policier permettait d’endormir la peur du voyage – en train – en la remplaçant par une autre. Si les polars ont eu si mauvaise réputation, c’est souvent qu’ils étaient mal traduits et que leurs auteurs touchaient des droits inférieurs à la moyenne, ce qui permettait un prix de vente modique. Décriée par les « académiciens », la Série Noire fut pourtant acclamée par les Surréalistes, les Oulipiens et par un certain Jorge Luis Borges, qui disait : « Le roman policier sauve l’ordre dans une époque en désordre. »