Dans ses romans, Raymond Chandler entendait décrire un monde « où les gangsters peuvent gouverner les nations, où un juge à la solde des politiques se contentera d’intervenir pour la forme. » Dans une veine réaliste, le polar s’en prend alors à l’illusion de « Rêve américain », notamment après la Grande Dépression. Partout où il passe, il fait les poubelles de l’Histoire, révélant sa face cachée et les faits occultés par le pouvoir. En France, des auteurs comme Jean-Patrick Manchette et Didier Daeninckx définissent alors le genre comme « une littérature d’intervention sociale ».