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ENTREVISTA TRYO / Daniel

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A l’occasion de leur venue en Espagne, le 16 Décembre, à Barcelone, pour présenter leur dernier album « Ce que l’on sème », Daniel, le percussionniste chilien du groupe TRYO, a pris le temps de répondre aux questions de Vive la Culture.
 
Interview en français uniquement.

De “Grain de sable” à “Ce que l’on s’aime”, qu’est-ce qui s’est passé: des rencontres, des collaborations nouvelles?

En fait, après la tournée « Grain de sable », on s’est arrêtés pendant 5 ans, on a voulu prendre une pause. On avait besoin chacun de se remettre dans son univers personnel, et du coup, il y a eu des voyages, des projets solos, des groupes qui se sont formés. Il y a eu quand même deux DVDS entre temps, un album live mais pas de nouvelles chansons. Sur ce dernier album, il y a peut-être toutes les influences qui sont le fruit de ces voyages : Mali est parti en Inde, Manu au Brésil, moi au Chili… Je pense que toutes ces choses là, ont exacerbé les influences de chacun qui étaient déjà très larges pendant toutes ces années. On a partagé, on a essayé d’aller dans des couleurs mais là on a vraiment osés, on s’est pas mis de limite : on s’est dit si on veut faire une samba, on va faire une samba, et après on verra comment on veut faire sur scène. L’important, c’est le texte et les trois voix et après autour, on peut faire ce qu’on veut !

Votre album est franc, engagé, écologiquement parlant notamment, TRYO est-ce aussi une façon de faire de la politique ?

En fait, faire de la politique, c’est dans le sens ancien, « participer à la vie de sa cité ». Pour nous, tout est un acte politique du moment que tu prends une position, que tu participes et que tu t’intéresses à ce qui t’entoure. Nous, dans ce sens là, on peut dire qu’on fait de la politique mais on n’est pas politisé dans le sens du parti politique et de la quête de pouvoir, nous on se pose des questions sur des sujets très variés. L’album de TRYO, n’est pas que l’engagement, c’est un album qui parle d’écologie mais aussi beaucoup d’humanité, de rapports humains, d’amitié, de l’amour et voilà c’est un tout ! Je pense que c’est le reflet d’un équilibre de vie, d’une journée que tu passes. Quand tu te réveille le matin, tu ne penses pas forcément à la déforestation et tu peux aussi avoir des préoccupations plus légères et sur un album comme « Grain de Sable » ou « Ce que l’on s’aime » on a cet équilibre là ! Voilà, maintenant peut-être que sur cet album là, ça parle beaucoup plus de rapport humain parce qu’il y a le vécu personnel, le vécu de groupe, et ça fait 13 ans déjà qu’il existe et plein de questionnement qui surgissent aussi.

Justement, « Ce que l’on sème», c’est une manière de tirer la sonnette d’alarme mais c’est aussi un album porteur d’un message d’espoir ! Laquelle des deux facettes, pour vous est la plus efficace !

Pour tirer la sonnette d’alarme, on est peut-être pas les mieux indiqués…L’espoir, c’est quelque chose qui nous a toujours poussé à faire les choses, poussé à dire les choses, parce que sans espoir, ça ne sert à rien de monter sur scène, et de dire ce que l’on a à dire pour des gens convaincus, ça n’aurait pas de sens. L’espoir, c’est lorsque l’on croit que les choses peuvent changer et peuvent évoluer, c’est pour ça qu’aujourd’hui ça vaut encore la peine de parler de ces choses là. Prenons l’écologie, c’est un thème majeur, quand on a rassemblé les chansons pour l’album, on s’est rendu compte que l’écologie, était au centre de nos préoccupations, c’était très spontané, on s’est pas dit : « on va faire un album sur l’écologie ». Du coup on a voulu pousser le message plus loin, apporter des réponses à nos questionnements et c’est pour ça qu’on a voulu travailler en étroite collaboration avec Greenpeace, c’est une histoire d’amitié qui dure depuis très longtemps déjà, ça fait depuis 2003 sinon plus qu’on les invite à venir à chacun de nos concerts, tenir un stand, pour communiquer, pour répondre aux questions des gens et pour faire passer leur message et donc du coup nous ça nous a permis de poser des questions par apport à nous, à notre échelle que peut-on faire ? On a parlé d’une tournée 100% écologique, impossible au jour d’aujourd’hui mais ça n ‘empêche pas qu’on puisse se poser des questions de comment on peut faire pour arranger les choses : l’album il a été fait en papier issu de papier durablement géré, le plastique est biodégradable, l’encre est végétale et les affiches sont en papier issu de papier durablement géré  aussi, pareil pour le marchandising et sur toute la tournée, on fait le bilan carbone pour voir ou on pourrait améliorer les choses. Ca, c’est les choses que nous on fait à notre échelle, par contre le fait, de communiquer sur une association comme Greenpeace, qui d’une indépendance politique et financière totale, c’est parce que eux, ils pensent que la meilleure façon de faire avancer les choses, la seule façon de pouvoir les changer, c’est de faire pression sur les gouvernements, et de faire changer les lois, c’est pour ça que nous, on se reconnait dans ce combat, et on a aussi glisser un bulletin d’adhésion pour les gens s’intéresse et puisse adhérer à cette association. Pour nous, il y a de l’espoir, sinon ça ne vaudrait même pas la peine de faire ces choses là ! Maintenant, il faut communiquer autour de ce genre d’associations qui peuvent plus tirer la sonnette d’alarme.

Dis-moi, tu préfères « marcher droit avec tes travers » ou « marcher de travers avec tes droits » ?  Et pourquoi ?

J’ai souvent marché de travers…ou du moins j’ai essayé ! En fait, cette chanson pour nous, elle était très importante, elle a été coécrite par Guizmo et mali, c’est la première fois que ça se fait, et donc parce que c’est un sujet qui nous tenait très à cœur, c’est une façon de dire qu’il y a un moment ou on a aussi le droit, à la différence, d’être différent, d’être dans la rentabilité des choses, ne pas être dans cette France qu’on voudrait aujourd’hui, que tout le monde soit dans le chiffre, la beauté, le canon de beauté… On a le droit à la différence, d’être feignant, de faire des erreurs, et d’avancer quand même. C’est ce droit là, à la tolérance et à la différence, dont parle cette chanson notamment par apport à tous les discours de notre nouveau clown…

Aujourd’hui, si je te donne carte blanche, pour organiser ton propre festival ! Tu invites qui ?

Moi, à titre personnel, le premier que j’inviterai se serait Miles Davis, j’inviterais au festival, Gainsbourg, mais aussi plein de groupes à faire connaître : Carmen Maria Vega, qui a une énergie hallucinante, les Flow, Scotch et Sofa, une des premières parties récente qu’on a eu. Voilà, c’est des petits groupes qui démarrent, qui nous touchant beaucoup, si avec TRYO, on avait carte blanche, on inviterait beaucoup de groupes à découvrir et vu qu’on a quand même cet avantage de connaître un peu tout la scène française nouvelle et ancienne, je pense qu’on inviterait les Higelin, Renaud, et en même temps, Camille, Arthur-H, M et tous ces gens là qu’on aime beaucoup… Il faudrait beaucoup de temps et beaucoup de scène mais, on ferait quelque chose comme ça !

Le secret de la longévité de TRYO, c’est quoi ?

La longévité de TRYO…13 ans, c’est quand même pas mal pour un groupe, je pense qu’il y a fondamentalement une vraie amitié, quand on est sur scène, tout se qui se passe autour de TRYO est derrière, on oublie tous les problèmes, on est heureux, c’est notre terrain de jeux, notre récréation, notre passion, et on s’éclate, on prend un plaisir, peu commun et qu’on a rarement dans une vie ! C a se respecte et c’est majeur, ce rapport avec le public, c’est un vrai bonheur ! Maintenant, je pense qu’on a appris, à vivre avec nos différence, parce qu’on est très très différents et quand tu es jeune, tu as plus tendance à juger l’autre, en pensant, que tu as raison mais finalement, avec le temps, tu te rends compte que les gens sont ce qu’ils sont et que voilà, il faut apprendre à se connaître pour vivre ensemble, et après 13 ans, on y arrive, de mieux en mieux, parce qu’on apprend à se dire les choses en dialoguant, et on est très heureux de faire les choses ensemble.  Pour le moment, ça se passe très très bien et à chaque fois qu’on passe sur scène, c’est un « pied » monstrueux ! Et j’espère que tu vas le remarquer ce soir !

Propos recueillis par Soraya Khireddine

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