Claude Viallat : le peintre chasseur de châssis

« C’est le système qui est important, pas la forme, la répétition de la forme. La répétition de la forme, c’est l’arbre qui cache la forêt ; ce qui est important, c’est le système, le plus banal qui soit », écrit Claude Viallat, qui depuis 1966 peint la même forme, à mi-chemin entre un haricot, une palette et un osselet. L’artiste est à l’origine du mouvement Supports/Surfaces en 1969 : une remise en cause d’un des fondamentaux de l’histoire de la peinture, le châssis. Ses toiles flottent actuellement dans la chapelle de l’Oratoire à Nantes. Claude Viallat qui rejette la suavité pour suivre les pistes des taureaux, des trappeurs et de Tarzan, est accueilli par une ville dont la révolution culturelle n’est pas une formule creuse, comme le rappellent son Lieu Unique et son Grand Éléphant qui barrit au bord de la Loire.

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    Viallat, une rétrospective

    Livre - Editions Somogy - 2014
    Né en 1936 à Nîmes, Claude Viallat y fait ses études aux Beaux-Arts, puis il devient soldat pendant la guerre d’Algérie où il fait ses premières explorations sur des matériaux pauvres. En 1966, il invente une forme, croisement entre un haricot, une palette et un osselet, qui devient sa forme, déclinée à l’infini ; elle est sa base arrière pour monter au front de l’art ébranler les certitudes sur le châssis, lors de la révolution Supports/Surfaces, en 1969 ; il en est la figure principale. Claude Viallat n’utilise pas le châssis, mais il examine ses principes dans son travail, passant indifféremment de la peinture à la sculpture, comme Robert Rauschenberg, l’artiste américain qu’il vénère.
  • Le Caravage

    Gérard-Julien Salvy - Livre - Folio biographie - 2008
    « En réalité, il était le premier artiste moderne, le premier à procéder non par évolution mais par révolution », écrit le peintre britannique Roger Fry à propos de Michelangelo Merisi da Caravaggio, dit Le Caravage, au début du livre de Gérard-Julien Salvy. La révolution du Caravage, au XVIIe siècle consiste à préférer peindre des gitanes qu’il rencontrait dans la rue au lieu de s’inspirer de statues grecques; à peindre la Vierge comme une vraie femme. La rue, Le Caravage l’a bien connue, il y a même joué du couteau. Actuellement au Petit Palais, à Paris, l’exposition Les Bas-fonds du Baroque montre que Rome était un lieu de perdition avec ses gueux, ses putains, ses truands, que les peintres baroques ont su regarder.
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    Une chambre en ville

    Jacques Demy - Film - 2013
    François, ouvrier et fiancé à Violette, loge en ville, à Nantes, dans une chambre que lui loue une aristocrate ; il rencontre sa fille Edith qui ignore où il habite. Ils s’aiment éperdument, mais il y a la grève, les conflits sociaux et aussi l’amour de Violette que François n’aime plus, mais dont elle est enceinte. Imaginez le tout chanté, et vous obtenez le film musical dramatique le plus sombre de Jacques Demy. Le cinéaste a inventé un genre où la poésie lui permet toutes les audaces : derrière le drame passionnel, les ouvriers chantent chaque instant de leur lutte, y compris au bistrot en commandant un Pernod.
  • Robert Rauschenberg : Photographies 1949-1962

    Nicolas Cullinan, Susan Davidson - Livre - Gallimard - 2011
    Claude Viallat, qui a commencé par peindre sur des boîtes de camembert et des couvercles de pots de peinture, était fasciné par l’œuvre de Robert Rauschenberg. Rauschenberg est surtout connu pour ses Combines Paintings, faites d’accumulations à base d’objets personnels et de récupération, sur lesquelles de la peinture dégouline pour la plus grande joie de l’artiste. Il était aussi photographe, ce qui est moins connu, comme le révèle le livre de Nicolas Cullinan, conservateur à la Tate Modern à Londres et Susan Davidson, conseillère de Rauschenberg de 2001 jusqu’à sa mort en 2008.
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    Carnets de croquis & réalisations

    François Delarozière - Livre - Acte Sud / La Machine - 2010
    Le Grand Éléphant qui avance lentement, avec ses 12 mètres de haut, ses 48 tonnes d’acier et de bois et son moteur, est devenue l’attraction la plus populaire de Nantes. Le dimanche après-midi, dans les anciens entrepôts, dont il reste la structure et le toit, quand on le voit avec sa trompe qui lance de la vapeur et ses barrissements, la magie opère. Le magicien s’appelle François Delarozière ; les croquis du livre montrent l’intérieur des Machines de Nantes, qui lui ont été inspirées par le Nantais Jules Vernes, Léonard de Vinci, le Belge Panamarenko et le passé industriel du port. C’est merveilleux.
  • Le Lieu Unique : Le chantier, un acte culturel / Nantes

    Christophe Catsaros - Livre - Acte Sud - 2006
    Quand vous mangez un biscuit LU, pensez-vous à Jean-Romain Lefevre et à sa femme Isabelle Utile, qui fondèrent la marque en 1846 à Nantes ? L’une des industries emblématiques de la ville déserte le quai Ferdinand Favre au début des années 1990 et le site devient une friche industrielle. Patrick Bouchain, architecte, scénographe, se lance dans sa réhabilitation ; elle va lui demander beaucoup de talent pour venir à bout du conservatisme hostile au projet d’en faire un lieu culturel. Jean Blaise, directeur, père des Nuits blanches parisiennes, inaugure le Lieu Unique, le 1er janvier 2000. Christophe Catasaros raconte l’aventure d’un chantier qui a été un acte culturel.
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    Estuaire : L’art et le fleuve

    Jean Blaise, Frédéric Bonnet, Dominique Luneau - Livre - Gallimard - 2008
    L’estuaire de la Loire a donné son nom à un évènement culturel biennal, Estuaire, dont la première édition en 2007 a eu beaucoup de succès. De Nantes à Saint-Nazaire, dans des lieux de culture et en plein air, de nombreux sites ont été investis par des artistes de renommée internationale, dont Daniel Buren. Il a réalisé Les Anneaux, 18 cercles d’acier répartis le long du quai des Antilles, qui offrent des cadrages exceptionnels. La répétition des cercles crée des figures géométriques, de jour comme de nuit, grâce à des néons multicolores. Daniel Buren a travaillé avec Patrick Bouchain, l’architecte du Lieu Unique, dont Jean Blaise est le directeur.
  • Voiles, cordes, filets, parasols...

    Claude Viallat - Editions Fage - 2015
    Catalogue de l’exposition du musée des Beaux-Arts de Nantes Viallat est un peintre chasseur sachant chasser sans son châssis. Accrochées par un bout, ses voiles peintes avec ses motifs habituels, répétés à l’infini, se plissent pour répondre aux courbes de la chapelle de l’Oratoire. Sur un mur, des morceaux de tissus qui évoquent des maillots deux pièces, sont tendus dans des cerceaux, les fameux châssis que Viallat utilise à la manière des trappeurs qui tendent des peaux. Que chasse Viallat ? Un trésor de liberté que lui offre la souplesse des matériaux dont il exploite les rythmes et dont il explore les propriétés organiques ; par terre, un gros filin ressemble à un boa. En l’air au-dessus du cœur, la voile multicolore représentée en couverture du catalogue, donne une impression de 3D. Lien vers l’expo
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    L’Etoilement - Conversation avec Hantaï

    Georges Didi-Huberman - Livre - Minuit - 2013
    Au musée Fabre de Montpellier, dans une salle, deux toiles se regardent, l’une de Claude Viallat, l’autre de Simon Hantaï. Les deux artistes ont en commun d’interroger profondément l’acte de peindre. Hantaï, mort en 2008, avait 13 ans de plus que Viallat ; il a influencé le mouvement Supports/Surfaces. Parmi les pistes que suit Georges Didi-Huberman pour explorer le travail d’Hantaï, le filet et le treillis font écho à la notion de système, essentielle chez Viallat. Les filets sont faits avec des nœuds; des nœuds, Hantaï en a fait des milliers en utilisant la technique de teinture batik pour que des parties de la toile, nouées puis dénouées, restent sans peinture, faisant apparaître des formes qui sont devenues son vocabulaire poétique.
  • Michel Pageau, trappeur - J’ai entendu pleurer la forêt

    Françoise Perriot - Livre - Seuil - 2008
    Michel Pageau a vécu la vie sauvage dans la forêt d’Abitibi, à l’ouest du Québec, en pistant pendant des jours, des loups, des carcajous, en transperçant un ours d’une flèche à trente mètres. Et puis, à force d’entendre les tronçonneuses attaquer l’espace vital des animaux, il s’est « converti » : il ne tue plus les bêtes sauvages, avec l'aide de sa femme, il les recueille dans le refuge Pageau et leur rend la liberté. Claude Viallat considère que l’arc représente le premier modèle de châssis. Pense-t-il à des trappeurs quand il tend sur des cerceaux des morceaux de tissus qui ressemblent à des soutiens-gorge ? Mystère.
  • La Légende de Tarzan

    Edgar Rice Burroughs - Livre - Omnibus - 2012
    Claude Viallat est fasciné par l’ingéniosité que développe Tarzan pour survivre : il observe les lianes qu’il tresse pour tendre des pièges à Tublat, le compagnon de Kala, sa mère adoptive ; il observe le loquet de la cabane, en découvre le mécanisme, et la porte s’ouvre en grinçant; plus tard il découvre qu’il peut fermer la porte de l’intérieur. L’ingéniosité de Tarzan, Viallat en perçoit le système, car toute sa quête artistique se nourrit d’un examen attentif des systèmes qui structurent le monde sauvage.
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    C'est le jour du Zoo !
  • Tauromachie 1 - Paso del toro

    Claude Viallat , Alain Montcouquiol - Livre - Les cahiers intempestifs - 2008
    Nimeño II fut le premier grand torero français de l’histoire dont la carrière fut magique et la fin tragique. Il portait le même nom d’arène que son frère, Nimeño, alias Alain Montcouquiol, qui quitta l’arène pour prendre la plume et raconter la vie de son frère, le héros. Alain Montcouquiol et Claude Vaillat se connaissent depuis longtemps, unis, par leur passion commune des taureaux. Les peintures de Claude Viallat illustrent le livre ; sur l’une, le support est le couvercle d’un pot de peinture. L’esprit Supports/Surfaces brûle encore.
  • Robinson ou la force des choses

    Bernard Ceysson , Gilbert Perlein - Livre - IAC Editions d’Art - 2012
    Le roman de Michel Tournier Vendredi ou les limbes du Pacifique paraît en 1967 ; le groupe Supports/Surfaces est créé en 1969 par Claude Viallat. Trois des artistes du groupe, Daniel Dezeuze, Patrick Saytour et Claude Viallat, se retrouvent en 2002, pour montrer comment les inventions de Robinson Crusoé pour survivre en milieu hostile les ont inspirés, quarante ans auparavant. Objets de cueillettes de Daniel Dezeuze, croisement d’un filet à papillon et d’un panier à provisions ; Trophées de Patrick Saytour, assemblages d’objets kitsch collectés sur les marchés ; objets archaïques de Claude Viallat. Leur art joyeux remet en question le regard que la culture occidentale continue à porter sur le monde sauvage. Bernard Ceysson est l’historien d’art et galeriste qui a fait connaître le groupe Supports/ Surfaces.
  • Henri Matisse, roman

    Louis Aragon - Livre - Quarto Gallimard - 1998
    « La nécessité de transposer, d’un plan à un autre, la leçon d’Henri Matisse m’a amené à une espèce de danse des phrases autour de lui », écrit Louis Aragon dans le roman que Matisse, son aîné de 28 ans lui inspire. Un des chapitres du livre est consacré à la Chapelle du Rosaire ; Matisse a considéré son travail sur les vitraux comme la synthèse de son œuvre. Picasso lui a reproché ce travail : « Mais pourquoi faites-vous ces choses-là ? Je serais d'accord si vous étiez croyant. Dans le cas contraire, je pense que vous n'en avez moralement pas le droit. » Matisse et Picasso sont parmi les peintres français que Claude Viallat admire le plus.
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    Avril

    Mathieu Gérald Hustache - Film - 2008
    Une jeune novice fait une retraite dans la chapelle du couvent où elle va passer sa vie ; elle apprend l’existence d’un frère jumeau et décide de le retrouver. Sur la route, elle est prise en stop par un type sympa qui tombe amoureux d’elle et la mène à son frère. Ils vont revenir ensemble décorer la chapelle dans un style magnifique mais scandaleux aux yeux de la mère supérieure. Les choses auraient été très différentes si Claude Viallat avait été le père supérieur.

Viallat, une rétrospective

Le Caravage
Gérard-Julien Salvy

Une chambre en ville
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Robert Rauschenberg : Photographies 1949-1962
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Le Lieu Unique : Le chantier, un acte culturel / Nantes
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Estuaire : L’art et le fleuve
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Claude Viallat

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Bernard Ceysson , Gilbert Perlein

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Louis Aragon

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